Nighthawks

Un homme marche dans la ville.

C’est le crépuscule, l’heure où la lumière se dérobe. L’homme est seul, et un peu triste.

De grands immeubles bordent la rue, l’ambiance est calme, aucune âme qui vive.

Au bout de la rue, une lueur éclaire le trottoir et partiellement la façade qui lui fait face.

L’homme s’approche, et voit à travers la baie vitrée l’intérieur d’un bar. Un serveur désabusé essuie des verres machinalement. Un couple, côte à côte, regarde ensemble dans la même direction, dans le vague, sans rien à se dire.

nighthawks_by_edward_hopper_1942

J’aime beaucoup ce tableau, « Nighthawks » , peint par Edward Hopper en 1942, pour tout ce qu’il évoque et tout ce qu’on peut imaginer à son propos.

Publicités

L’écureuil et le blaireau

ecureuilMaître écureuil sur son arbre troué accumulait ses noisettes

Maître blaireau passant par là, trouva ça un peu bête

Il lui proposa de les placer avec, dit-il, un bon taux d’intérêt!

L’écureuil était pensif, imagina sa fortune, peut-être un peu naïf…

Il se trouva fort dépourvu lorsque la crise fut venue

Pour les banquiers blaireaux c’est un peu trop facile

Les pertes sont mutualisées, il n’ont pas à se faire de bile…

La morale de cette histoire de crise bancaire, c’est qu’il n’y en a pas (de morale).

Quand tout va bien les banquiers accumulent les profits

Et quand c’est la crise les contribuables n’ont plus qu’à payer

Toutes les noisettes sont bouffées, plus que les yeux pour pleurer

(et c’est vraiment très triste un écureuil qui pleure…)

Volontourisme

Connaissez-vous le « volontourisme »?
C’est une formule de voyage, présentée comme du volontariat humanitaire par des agences spécialisées, qui exploitent un désir légitime et un sentiment généreux de la part de bénévoles, mais qui est jugé néfaste par les ONG qui voient de l’hypocrisie, du voyeurisme et considèrent ce type d’action comme contre-productive.

Chiens

A San Francisco, on estime la population canine à 120.000 individus. Les chiens américains ont une alimentation plus riche que la majorité des humains dans le monde, et on trouve d’ailleurs de plus en plus de chiens obèses, un signe qui ne trompe pas sur l’état de dégénérescence d’une société. Un chien américain mange à lui seul plus de calories qu’une famille d’éthiopiens de 4 personnes. Mais les californiens sont à la pointe de la technologie, et envisagent d’utiliser les déjections canines pour faire du biogaz, et contribuer ainsi à la demande croissante d’énergie. On n’arrête pas le progrès…

chien-obese

Shit

L’utilisation d’un mot dans une langue est très significative de l’état d’esprit des locuteurs de cette langue.

Prenons l’exemple du mot « shit » (« merde » en anglais), c’est un mot qui peut indiquer la contrariété (« oh shit ! »), l’incrédulité ou la surprise (« no shit » : « sans blague »), le dégoût (« a piece of shit« : « une merde »), la lâcheté (« chickenshit« , « crotte de poulet »), la peur (« shit one’s pant » : « faire dans son froc »), l’hystérie (« apeshit » : littéralement « merde de singe »), le désintérêt (« I don’t give a shit » : « je m’en fout »), les ennuis (« to be in deep shit« : « être dans la merde »), bref tout ce qu’on n’aime pas (« looks like shit, tastes like shit » : « ca ressemble à de la merde, ça a un goût de merde »), ou ce qu’on apprécie tout particulièrement (du « shit » : de la drogue). Le mot se retrouve dans l’adjectif « shitfaced » (« ivre mort »). Ce qui est surprenant, c’est que la racine du mot shit est la même ce celle du mot science, dans le sens « séparation entre deux choses », du latin « scire », acte de couper, de diviser, et donc de distinguer entre différentes choses…

(Source :d’après The Origin of Feces. What Excrements Tells Us About Evolution, David Waltner-Toews)

Smartphones

Nous vivons une époque incroyable : nous avons chacun dans notre smartphone (enfin ceux qui en ont un…) plus de puissance de calcul que celle qui a été nécessaire aux astronautes dans les années 1960 pour aller sur la lune. Chaque jour, l’ensemble des français accèdent plus de 900 millions de fois à leurs mobiles. Le cycle de remplacement des smartphones est de 14 à 18 mois en moyenne, avec un doublement de la puissance dans cette période à un prix sensiblement équivalent. Tout çà pour quoi faire? Les applications envahissent progressivement tous les domaines, mais quand on regarde un peu les usages, ce sont les réseaux sociaux et les jeux qui arrivent en tête. Si les astronautes avaient su…

smartphone